Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Ma gorge me fait mal. Mes yeux me brulent. Mon ventre se noue. J'ai mal. Ce n'est rien par rapport à cette douleur. Là, juste là, où ma main est posé. Je cherche à arracher ma peau pour pouvoir l'arracher. Oui, là, en haut à gauche, juste en dessous de mon épaule. T'es-tu déjà demandé pourquoi les femmes avaient des seins ? Non, ce n'est pas pour toi, pour vous. Ce n'est pas pour satisfaire vos désirs de mâle en sueur. Le bon Dieu a été intelligent pour une fois ! Cette peau, cette bosse, à la base; c'était juste pour éviter que les femmes meurent l'une après l'autre. Notre c½ur est protégé par cette bosse de graisse. Le bon Dieu a eu pitié de nous, il a équilibré la chose, et nous à fait pareil du côté droit.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Tu as brisé ma muraille, mon côté dur, mon côté froid. Tu es rentré en moi pour tout briser. Tu es un ouragan. Mon ouragan. Tu es rentré en moi, et tu y est ressorti aussi vite en tout brisant. J'étais heureuse avant, tu sais. Je m'étais habitué à mon côté froid, mon côté dur. C'était juste une question d'habitude. Je ne souffrais pas du manque d'amour. L'amour à mes yeux n'existait pas. Tu vois, ça aussi, tu l'as brisé. Tu m'a brisé. Je ne voulais pas retrouver le don de rire, de pleurer, de vivre. Je n'étais pas triste, non. J'étais dépourvu de sentiment. Incapable de souffrir. Tu as voulu tout changer, me montrer ce qu'été la vie à tes yeux. Tu n'aurais pas dû.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Tu m'as donné la vue. Tu m'as offert l'odorat. Tu m'as contrainte à accepter à entendre. Tu m'as donner la parole en guise de compensation. J'en voulais pas. Je ne voulais pas la vue, ni l'odorat, ni l'ouïe, et encore moins, la parole. Tu sais, tu as fait une erreur. Tu m'as pris ma vie. Tu as brisé mes frontières. Tu m'as volé mon c½ur.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Tu m'as donné des sentiments en oubliant de me donner le mode d'emplois. Tu m'as donné la vue pour que je puisse voir la misère du monde. Tu m'as donné l'odorat pour me faire sentir cette pollution qui nous entoure. Tu m'as donné l'ouïe pour entendre le monde vomir des immondités. Tu m'as donné la parole dans le but, de me voir les imiter. Tu sais, moi, je n'en voulais pas.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Maintenant, que je suis doté de ses 4 sens, je suis perdu. Je m'en sers pour regarder le journal télévisé. Je préférais ne jamais savoir que le passe temps préféré des gens, c'est de taper dessus. J'ai envie de vomir quand je vois les chinois remporté les Jeux Olympiques. Tu sais très bien que je ne suis pas raciste, non. J'ai envie de vomir rien que de penser à ce qu'ils deviendront dans 10ans. Les pauvres.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Tu viens de me rendre mon c½ur mais ce n'est plus le même qu'avant. Celui que tu m'as rendu est lourd, lourd de chagrin, de pitié, de vie. C'est dur de vivre. Dieu le savait, sinon, il n'aurait pas autant protégé notre c½ur. J'ai jamais autant pleuré. Je n'ai pas appris à pleurer, à évacuer mes sentiments. C'est dur, j'ai mal. Je n'ai pas appris à rire. Je ne savais pas que rire était aussi magique, je souffre. Je n'ai pas appris à sentir. J'ignorais que tant d'odeur me monterais au nez et se confondrais. J'ai mal, mal, tu m'as brisé. Oui, brisé. T'aurais du me laisser le mode d'emplois. J'aurais appris à mon rythme. Tu sais, cela aurait été aussi beau.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
Tu sais, j'ai mal à chaque bouffée d'oxygène qui rentre dans mes poumons. Souffrir, voilà encore une chose que tu m'as pas appris. J'ai peur. Je tremble. Tu m'as montré que la vie était magnifique. Mais, je n'ai pas envie d'apprendre à voir, à sentir, à entendre, à parler comme toi, tu aimerais. Tu aimerais que je vois ces paysages magnifiques, les montagnes enneigés, les champs de lavande, le bleu de l'océan. Tu es persuadé que j'aimerais. J'aimerais te croire, mais je ne veux pas voir. Tu voudrais que je sente, sente tous ces épices, l'herbes mouillés, le soleil sur les feuilles, la pluie qui tombe... Je ne veux pas. J'en tomberais amoureuse. Tu me montrerais comment on écoute, les animaux dans la forêt, le bruit des vagues sur le sable, le bruit des flammes. Je ne pourrais plus m'en lasser. Tu me supplies pour que je te parle. Te parler de quoi, comment je souffre depuis que tu as pris mon c½ur en otage ? La seule chose que j'arriverais à te dire, c'est à quel point, j'aime la vie. Mais, cette peur me hante.
Je ne veux plus voir. Je ne veux plus sentir. Je ne veux plus entendre. Je ne veux plus parler.
J'en serais accro mais le jour où j'aurais appris à voir, à sentir, à entendre, à parler, tu m'abandonneras. Tu penseras que je n'ai plus besoin de toi, de ton souffle, de ta façon de voir la vie. Et pourtant, si un jour, j'accepte ces 4 sens, ce serait dans le seul but de te dévorer du regard, de sentir tes cheveux, d'entendre ta voix, et pourvoir te répondre. Je préfère refuser ces 4 sens, et garder le sens que tu n'as pas su me donner, le toucher. J'aime m'imaginer la douceur de tes cheveux au contact de ma main...
Je vois, je sens, j'entends, je parle.
Le temps s'est écoulé, semaine après semaine, mois après mois. Te souviens tu seulement de ce mois-là. Août. Tu as bouleversé ma vie en une semaine, une seule. Cette rencontre fut magique. Les meilleurs moments sont souvent court mais intense. Je ne pourrais jamais assez te remercier pour ce que tu as fait. Cette histoire est l'histoire d'une jeune fille et d'un merle. Il y a des personnes qui bouleversent ta vie, le temps d'un moment très court. Il en fait partie. Merci d'avoir été là quand il fallait être là, et me faire réagir avec les mots que tu as prononcé. Fontainebleau, c'est loin mais à la fois, si près. J'espère qu'avec Charlotte, ça va durer encore longtemps. Je t'aime Vincent, mon merle.